Je reviendrai à Rouyn-Noranda, dans un grand Boeing bleu de mer.

Bon. Je n’ai pas pris l’avion pantoute. C’était une tite Honda Civic, mais ça ne fait rien.

6h18- Emmitouflé dans mes couvertures avec mon copain, j’entends sonner 15 fois de suite à ma porte.

Dingdingdingdingdingdingdingdingdingdingdingding.

Mon bon vieux Mathieu qui se ramène à l’heure pile. J’avais prévenu mon chum que c’était la signature de L’Allier, mais pas les voisins qui ont dû croire à une ptite fin du monde. Je pogne mon sac, je pogne ma valise… les yeux bouffis de fatigue. Byebye chum, bonjour Abitibi. On passe chercher la belle Cindy Boyce et sa caméra, et on se dirige vers Rouyn, les trois petits copains de Montréal en route vers notre FME adoré.

Mathieu sort les smoothies, Cindy les trottoirs aux fraises (jamais trop tôt pour du bonheur). On se met un peu de Céline (un classique tsé), et on fly sur les ailes de la route. Un petit coup de frein de trop, et je me ramasse avec l’ensemble du contenu de mon smoothie aux fruits des champs sur le menton, pis sur mon petit chandail Zara orange brûlé. Mais HEILLE, c’est pas grave! On s’en va dans la terre de l’excès. Jpeux ben m’en sacrer trois-quatre sur la tête des smoothies dans un pot masson, je suis trop heureux pour chialer.

Après 7h de route et un ticket de 300$ pour excès de vitesse (slow clap), on arrive à Rouyn. Premier arrêt obligatoire, le party Bonsound, dans la tite maison avec la piscine. Duchess says chante dans son micro comme si sa vie était en jeu, pendant que l’on mange des hot-dogs. Parle parle, jase jase, on repogne notre char, en route pour l’hôtel. On retrouve Marie et Sara, qui a les yeux brillants d’un premier FME. Tout le monde se souvient de son premier. C’est comme Walt Disney World en mieux.

On se prend par la main. Je revois les beautés de l’Abitibi. Les Jenny, Sandy, JP. Mon Hugo Jolette préféré. La belle Karine que je n’ai pas vu depuis des siècles. Il y a tout Montréal aussi. Je rencontre les amis et les amis d’amis d’amis. Ben du pétard au pied carré.

On s’entasse à la scène Révolution pour voir Geoffroy, le briseur de cœur (non mais yé tu beau ctenfant là). J’attends avec impatience la toune TIN TOU TONTINTOUTINTOU (tsé la toune). Le show se termine. On sort dehors. Geoffroy un petit peu, donc je mets mon foulard (héhé la pognes-tu?!). Il fait pas plus que 10. J’oubliais que l’automne arrivait un mois plus tôt en Abitibi.

Dehors, on se retrouve un petit groupe avec la faim au ventre. On cherche une terrasse qui peut accueillir une dizaine de personnes. Pas facile comme défi. On marche sur la Main (je pense que c’est la Main, mais je ne le sais pas trop dans le fond). Un choix. Le Pizzé qui date de 1996. C’est bien écrit sur la pancarte. On s’installe, et on mange de la bouffe de FME (pizza, pâtes, burger et rien d’autre).

L’estomac satisfait, on se rend à l’Agora pour aller voir un des meilleurs shows que j’ai vu durant mes trois années de festival. Emily Wells. Une chanteuse, et son violon, qui semble venir d’un autre monde. Plus rien n’existe quand elle chante. Je suis seul avec elle. L’heure passe comme des minutes. Trop rapide. Le spectacle se termine et les gens se lèvent d’un bond, comme une pulsion incontrôlable. Clap clap clap clap clap clap clap. Personne ne veut quitter le moment. Je me dis que ce sera sûrement mon highlight du FME, même si ça ne fait pas 6 heures que je suis arrivé.

Dehors, les gens fument. Tous un peu sonnés, on a de la difficulté à exprimer ce qu’on vient de vivre. Il faut se bouger pour se réveiller. En route vers le petit party Audiogram dans la ruelle près de la 7e, on flotte encore. On me sert un gin tonic, plus gin que tonic. Je commence à être étourdi, mais je suis tellement bien. On jase sans rien dire.

On a la volonté d’aller voir Chocolat, mais le sommeil nous rattrape. On laisse les autres Marie et moi. On rentre main dans la main, en parlant de notre bonheur d’être bien en faisant des blagues de Huskies parce qu’on croise le logo de l’équipe de hockey. Des jokes déjà moins bonnes aujourd’hui, mais ô combien drôles au moment où on se les conte.

Demain sera un autre jour. Rebonjour mon FME.

 

 

 

 

 

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Vienne, Paris, Lisbonne, Rouyn-Noranda

Je passe chaque été en Europe. J’ai un attachement profond à la culture européenne, et j’ai besoin de ma dose (bon un autre osti de frais-chier). Cette année pour mes vacances, je me suis rendu en Autriche et en France. L’an dernier c’était le Portugal. Chaque année je reviens avec mille images de montagnes, d’architectures démentes, de rivières, de vignobles et de petit bonheur du saint ciel.

Le retour est toujours difficile. Même si j’adore ma job, se rattacher à sa chaise de bureau après avoir goûté à la pleine liberté n’est jamais facile. Mais chaque fois je pense au FME. Un genre de Noël avant le temps qui te donne un second but après les doux congés estivaux, et qui facilite la réintégration aux courriels et aux coups de téléphone. Un petit voyage.

Ceux qui ont vécu le festival, ne serait-ce qu’une fois, comprendront ce dont il est question. Les barrières n’existent pas au FME. Le Québec au grand complet s’y retrouve sous une forme nouvelle, comme si tout le monde avait soudainement le droit de repartir à zéro. De devenir un nouveau soi dans un nouveau territoire. Une microsociété qui se crée l’espace d’un long week-end. Une grande tribu. Un nouveau continent.

La 15e édition marquera ma troisième année en tant que festivalier, et je me souviens de la première comme si c’était il y a deux ans. J’avais accepté d’écrire pour le blogue du FME, parce que ça me tentait. Je m’y suis rendu avec une gang d’inconnus, sachant que j’allais connaître du monde là-bas. J’avais l’impression de faire un grand périple. De faire 8 heures de transport, mais pour aller à Rouyn au lieu de Vienne. Un rêve. J’ai remplacé les chemises du bureau par les tank tops, les souliers propres par les gougounes. Il faisait frette, mais au moins, j’étais pas habillé comme d’habitude.

Ok, il n’y a pas de princesse Sissi comme à Vienne… mais il y a plein d’autres genres de princesses. Pis si tu mets une perruque à Yann Perreau, on dirait quasiment Mozart. Le dépaysement est à s’y méprendre.

C’est le genre d’événement qui t’emmène au bout du monde, en restant près de ton monde. Tu vis à cent mille à l’heure culturellement, tu vois des gens de partout, tu marches sans arrêt, tu te couches aux petites heures, tu bois et manges aussi bien que « din zeuropes » (essaye un fish tacos d’Abitibi ou une poutine de chez Morasse juste pour voir), tu dors à l’hôtel ou chez des résidents (comme chez l’Habitant), tu découvres des nouveaux lieux inusités, tu trinques avec des inconnus. J’ai d’ailleurs rencontré un de mes meilleurs amis à vie comme ça, en plein cœur de Rouyn. Comme quoi.

Le FME forme la jeunesse, et c’est pour ça que l’on y retourne année après année, comme une piqûre du voyage. Mes bagages sont quasiment déjà faits tellement j’ai hâte (joke).

Cette année marque la 15e édition du FME. C’est un peu comme le 375e de Montréal ou le 400e de Québec. Tout est toujours plus vivant quand c’est un anniversaire. Peut-être que Céline va être là? Who knows? Ils ont ben eu Feist pour le 10e… Awaye à Rouyn ma Cé. Swing le All by myself dans le tapis.

Mais je ne serai pas déçu si elle n’est pas là non plus. J’irai à la pêche au doré pour me consoler.

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