
Mek'Dr'Dr est un duo bruxellois composé de Mien Heyvaert (chant, basse) et Sara De Wit (chant, percussions). Avec des lignes de basse groovy comme fondation, elles façonnent un son post-punk minimaliste, joyeusement agrémenté de rythmes serrés, pressés de manière chaotique à partir de disques de frein de voiture et de saladiers IKEA. En 2022, en plein cœur du bouillonnement créatif de Werkplaats Walter (Cureghem), Mek'Dr'Dr voit le jour. Leur son est une exploration ludique des relations humaines, des normes sociétales et des absurdités de la vie. Inspirées par la laideur du lotissement linéaire flamand, la cohue matinale dans les cafés populaires et l’esprit DIY de groupes comme Young Marble Giants et The Slits, elles ont créé une musique aussi attachante que dansante. Leur premier EP, No Safer Place Than a Toilet Seat, est une virée sauvage à travers des thèmes comme l’amour et l’activisme empathique. Chacun des cinq morceaux invite les auditeurs à embrasser l’imperfection, à remettre en question les normes sociales et à trouver du réconfort dans le chaos. Grâce à la collaboration avec Milan Van Doren (mixage) et Frederik Tack (mastering), l’EP capture l’énergie brute et dansante du groupe, rappelant les légendes post-punk comme Au Pairs et ESG. Sur scène, Mek'Dr'Dr offre chaos et surprises. Avec une fanbase grandissante et des concerts à venir dans des lieux comme l’AB Club et la Brasserie Illegaal, elles s’imposent comme une figure unique de la scène post-punk. Si tu dérapes, tu danses !

On vieillit, on fonde une famille et on commence à ralentir ; c'est ainsi que les choses sont censées se passer, n'est-ce pas? Eh bien, pas pour le groupe montréalais Corridor, qui revient avec Mimi, un quatrième album au son et au style plus vastes et ouverts que tout ce qui l'a précédé. Faisant suite à Junior, sorti en 2019, ce nouvel album est un grand pas en avant pour le groupe et ses membres, qui sont eux-mêmes passés à travers les changements personnels qui accompagnent le passage du temps. Les huit chansons de Mimi reflètent ainsi une maturité nouvelle et contemplative, alors que le quatuor se déploie plus que jamais grâce à une musique riche en détails. En résulte un disque qui donne l'impression qu’un nouveau chapitre s’ouvre pour Corridor, qui a déjà fait ses preuves en tant que groupe innovateur et avant-gardiste. Mimi évoque immédiatement le meilleur de ce qui se fait en matière de rock indépendant, que ce soit le caractère à la fois atmosphérique et mélodique de Deerhunter ou la fougue du post-punk classique. Mais malgré ces comparaisons faciles, Corridor reste impossible à cerner d'une chanson à l'autre et c’est ce qui rend l'écoute de Mimi aussi exaltante. Le chemin parcouru jusqu'à ce point, comme c’est le cas de plusieurs routes menant au succès, n'a pas été sans défis. Si le rock aux guitares extensibles de Junior s'est formé rapidement - ou « dans l’urgence » comme le décrit le guitariste et chanteur Jonathan Robert -, le processus créatif de Mimi a été marqué par un désir de rompre avec le rythme de travail « épuisant » qui avait donné naissance à Junior. Notre objectif c’était de travailler différemment, ce qui est le cas chaque fois qu’on travaille sur un nouvel album , explique Robert. Cette fois, on a pris notre temps. À l’été 2020, les membres de Corridor – Jonathan Robert, le chanteur et bassiste Dominic Berthiaume, le batteur Julien Bakvis et le multi-instrumentiste Samuel Gougoux – se sont isolés dans un chalet pour se livrer à l'expérimentation artistique qui allait mener à la création ultime de Mimi. On est allé là-bas pour écrire et beaucoup d’idées sont nées de cette retraite » explique Berthiaume. On est ressorti de là avec des idées plutôt que des chansons, et le résultat final est donc un collage d’idées. Suite à cette fructueuse session, les membres du groupe ont continué à peaufiner les éléments bruts des chansons à distance, par voie numérique, avec l’aide de Joojoo Ashworth (Dummy, Automatic) qui a coréalisé l’album. Ce processus découle du fait que le groupe n'avait plus accès à son local de répétition en raison de la pandémie de COVID-19, mais aussi du fait que le quatuor s'est davantage penché sur l'incorporation de textures électroniques que sur les albums précédents. Pendant longtemps, on s’est identifié comme un groupe dont la musique était essentiellement basée autour de la guitare, mais sur Mimi, notre but c’était de s’éloigner de ça explique Berthiaume, en admettant que cette nouvelle vision a aussi amené certains défis. On a dû réfléchir à la manière de créer de nouvelles chansons sans avoir l'occasion de jouer ensemble. C'était parfois compliqué. Il décrit parallèlement Mimi – qui est d’ailleurs le nom du chat de Jonathan Robert – comme un album sur le fait de vieillir et de découvrir de nouvelles facettes de la vie. Malgré ces affirmations sur les difficultés à évoluer en tant que groupe, Mimi est un album qui regorge d’une énergie nouvelle et d’un dynamisme dû en grande partie au fait que Samuel Gougoux a rejoint Corridor à plein temps après avoir accompagné le groupe sur scène par le passé. Plutôt issu du monde de la musique électronique, j'ai apprécié le fait d’intégrer davantage ces sonorités dans le groupe déclare le multi-instrumentiste. Mimi contient une pulsation rythmique distincte qui rappelle la fusion des textures dance et rock de l'âge d’or du post-punk. Sur un fond de guitares éclatantes et de synthétiseurs en ascension, Robert aborde la question de sa mortalité éventuelle sur la chanson Mourir Demain. Je l'ai écrite lorsque ma blonde et moi on magasinait une assurance-vie , dit-il en riant. Avec notre petite fille qui grandit, on a aussi songé à faire notre testament ». Je me suis dit « Oh merde, à partir de maintenant, je vais commencer à planifier ma mort. Pur délice psychédélique, la chanson Jump Cut prend forme avec des lignes de guitares hypnotiques qui se dessinent au loin tandis que les voix de Robert et Berthiaume se faufilent dans ce doux chaos sonore. De son côté, le souffle nocturne de Caméra constitue une couverture parfaite pour les ruminations sur l'autopromotion et l'exposition à l'ère numérique, tandis que l’hypnotique Mon Argent aborde les aléas de devoir gagner sa vie tout en faisant de la musique. Rien n'est plus abstrait, incertain et aléatoire que le revenu d'un musicien , souligne Jonathan à propos de cette chanson. Les responsabilités qui s'accumulent dans ma vie d'adulte m'ont malheureusement empêché de continuer à éviter le sujet. On finit par donner beaucoup d'importance à quelque chose que l'on ne comprend pas. Il ne faut cependant pas croire qu'il s'agit de musique de cul-de-sac. En effet, Mimi embrasse et défend une créativité sans entraves tout en ouvrant la voie à l'avenir radieux de Corridor. On s'est simplement concentré sur la création d'un album qui sonnait comme on le voulait , s'exclame Gougoux en évoquant les objectifs du groupe. Il n'y avait pas de limites à ce qui était possible.

La Sécurité (Montréal / Tiohtià:ke) est un collectif d'art punk alliant à parts égales: rythmes sautillants, spectre harmonique accidenté et phrasés mélodiques minimalistes; le tout passé dans un filtre insomniaque, le résultat d’une surexposition aux néons de la métropole québécoise. Sa musique, parfaitement à son aise lorsque dynamitée sur une piste de danse, prêche vivre dangereusement. Les paroles, elles, font écho au mouvement Riot Grrrl, et célèbrent entre autres l’autonomisation de femmes, les ami.e.s (gentil.le.s comme méchant.e.s) et la bienveillance. Depuis ses débuts au printemps 2022, le quintette hétéroclite a reçu des invitations de SXSW, End of the Road, The Great Escape, Reeperbahn, puis du FIJMl, ajoutant des tournées aux côtés de The Go! Team (2024) et The Rapture (2025). Après la sortie du premier album Stay Safe! (16 juin 2023), nommé sur la Longue Liste pour le Prix de musique Polaris 2024, ainsi que son joyeux rejeton Stay Safe! REMIXED (8 mars 2024), tous deux chez Mothland, le quintette a dévoilé les titres “Detour” (22 octobre 2024) et “Ketchup” (28 janvier 2025), préparant le terrain pour un nouvel afflux de joyaux sonores D.I.Y., cette fois-ci collaborant également avec l’étiquette britannique emblématique de Simon Raymonde: Bella Union. La bande se pose à nouveau sur les franges du punk, de la new wave et du krautrock, bafouant sournoisement les formules stylistiques à chaque occasion avec la parution de son deuxième disque Bingo!, sorti le 12 juin 2026 via Bella Union (Monde) et Mothland (Canada/États-Unis).

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