{"id":1883,"date":"2015-01-31T18:00:40","date_gmt":"2015-01-31T23:00:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.fmeat.org\/blog\/?p=1883"},"modified":"2017-08-14T15:17:41","modified_gmt":"2017-08-14T15:17:41","slug":"les-tits-a-bibi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.fmeat.org\/blog\/les-tits-a-bibi\/","title":{"rendered":"Les tits \u00e0 Bibi"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;Abitibi fut jadis une terre hostile o\u00f9 seuls de jeunes hommes en qu\u00eate d&rsquo;\u00e9motions fortes s&rsquo;aventuraient. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1920, il fallait \u00eatre un peu fou et particuli\u00e8rement\u00a0sensible\u00a0\u00e0 l&rsquo;app\u00e2t du gain pour faire le grand voyage vers ces terres que l&rsquo;on qualifiait de <a href=\"http:\/\/ici.radio-canada.ca\/regions\/abitibi\/2014\/09\/03\/003-rouyn-noranda-debuts-jeux-alcool-klondike-minier-mine-prostitution-histoire-abitibi-vices.shtml\">\u00ab\u00a0Klondike\u00a0\u00bb qu\u00e9b\u00e9cois<\/a>. Dans les mines, contrairement \u00e0 la croyance populaire, y&rsquo;avaient pas grand nains qui sifflotaient en travaillant. Non, Monsieur. Y&rsquo;avait des hommes. Des \u00ab\u00a0vras\u00a0\u00bb hommes. Des hommes qui suaient gros pis qui avaient pas peur de se salir pour accomplir la besogne. Des hommes avec des \u00ab\u00a0bras durs comme la roche, pis des cuisses comme des troncs d&rsquo;\u00e2be\u00a0\u00bb. \u00a0C&rsquo;parce qui avait pas de <em>chain saw,<\/em> ts\u00e9.<\/p>\n<p>Quand on parle de l&rsquo;Abitibi, on parle souvent des hommes qui l&rsquo;ont construite et fa\u00e7onn\u00e9e. N&rsquo;en d\u00e9plaise au bon Raoul Duguay, je pense qu&rsquo;il est temps, aujourd&rsquo;hui, de parler des femmes, aussi. J&rsquo;trouve qu&rsquo;on travaille ben fort et depuis longtemps \u00e0<span style=\"line-height: 1.5;\">\u00a0faire\u00a0reluire la \u00ab\u00a0bitt\u00a0\u00bb \u00e0 Tibi&#8230; Serait le temps qu&rsquo;on s&rsquo;occupe un peu des tits \u00e0 Bibi. Non?<\/span><\/p>\n<p>Je vous pr\u00e9sente donc ici quelques portraits de femmes qui ont marqu\u00e9 &#8211; ou qui marquent encore- \u00a0la r\u00e9gion, d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre, \u00e0 petite comme \u00e0 grande \u00e9chelle.<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p><strong>Lise Pichette<\/strong><br \/>\n<em>Femme de th\u00e9\u00e2tre et fondatrice du Cabaret de la derni\u00e8re chance\u00a0(1952-2014)<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_1884\" aria-describedby=\"caption-attachment-1884\" style=\"width: 650px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Lise_Pichette.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1884 size-full\" src=\"http:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Lise_Pichette.jpg\" alt=\"Lise_Pichette\" width=\"650\" height=\"433\" srcset=\"https:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Lise_Pichette.jpg 650w, https:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Lise_Pichette-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1884\" class=\"wp-caption-text\">http:\/\/www.lafrontiere.ca\/2014\/10\/28\/lise-pichette-sest-eteinte<\/figcaption><\/figure>\n<p>Cet automne, Rouyn-Noranda a perdu une de ces grandes repr\u00e9sentantes. Lise Pichette, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u00a0en octobre dernier, \u00e9tait com\u00e9dienne,\u00a0cofondatrice et directrice artistique du Petit Th\u00e9\u00e2tre du Vieux Noranda. Elle \u00e9tait aussi une des fondatrices du Cabaret de la derni\u00e8re chance. Vous savez, cette salle o\u00f9 il fait si bon se retrouver et o\u00f9 vous allez vous rendre \u00e0 plusieurs reprises pendant Quartiers d&rsquo;hiver? Vous la devez entre autres \u00e0 cette dame qui, tout au long de ses 40 ans de m\u00e9tier, s&rsquo;est toujours fait un devoir de faire de l&rsquo;Abitibi, un terreau fertile pour\u00a0les arts et la culture. \u00ab\u00a0Nous renon\u00e7ons \u00e0 l&rsquo;exil, car nous croyons que chaque territoire a une parole et c&rsquo;est ce qui nous lie\u00a0\u00bb disait-elle. Sans des femmes comme Lise Pichette qui se sont battu d\u00e8s les ann\u00e9es 1970 pour faire valoir la place de la culture en r\u00e9gion, il n&rsquo;y aurait sans doute jamais eu de FME\u00a0aujourd&rsquo;hui.\u00a0Qu&rsquo;on se le dise.<\/p>\n<p>Merci, Madame Pichette.<\/p>\n<p><strong>Jeanne Corbin<\/strong><br \/>\n<em>Militante du mouvement communiste \u00a0et ouvrier \u00a0(1906-1944)<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/jeanne-corbin.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1885\" src=\"http:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/jeanne-corbin.jpg\" alt=\"jeanne-corbin\" width=\"312\" height=\"361\" srcset=\"https:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/jeanne-corbin.jpg 312w, https:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/jeanne-corbin-259x300.jpg 259w\" sizes=\"auto, (max-width: 312px) 100vw, 312px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Si Jeanne Corbin \u00e9tait n\u00e9e en cette p\u00e9riode d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9, elle aurait \u00e9t\u00e9 sans doute \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re \u00e0 crier aux in\u00e9galit\u00e9s et \u00e0 jouer de la casserole. Jeanne Corbin a fait de la d\u00e9fense des droits des travailleuses et travailleurs du Canada le combat de sa vie. \u00a0\u00c0 Montr\u00e9al, elle fut organisatrice syndicale pour la Ligue d&rsquo;Unit\u00e9 syndicale. \u00c0 Timmins, en Ontario, elle travailla au magasin de la Coop\u00e9rative ouvri\u00e8re de l&rsquo;Ontario et pris la d\u00e9fense des mineurs et des b\u00fbcherons. Mais, c&rsquo;est en 1933, pr\u00e8s de Rouyn, que Jeanne prouva \u00e0 quel point son engagement pour la cause \u00e9tait profond. Elle participa activement \u00e0\u00a0l&rsquo;importante <a href=\"http:\/\/bilan.usherbrooke.ca\/bilan\/pages\/evenements\/20774.html\">gr\u00e8ve des b\u00fbcherons<\/a>\u00a0et\u00a0encouragea les travailleurs \u00e0 ne pas traverser les lignes de piquetage, ce qui lui valut une arrestation pour incitation \u00e0 l&rsquo;\u00e9meute. On l&rsquo;enferma pendant trois mois. \u00a0Des femmes qui osaient \u00e9branler le <em>statu quo<\/em> et l&rsquo;ordre \u00e9tabli, y&rsquo;en avait pas des mannes \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Jeanne Corbin, elle rockait la casbah sur un moyen temps. Rouyn lui doit une fi\u00e8re chandelle.<\/p>\n<p>Pour en savoir plus sur Jeanne Corbin, lire <a href=\"http:\/\/www.editions-rm.ca\/livre.php?id=1174\"><em>Sc\u00e8nes de la vie en rouge, l&rsquo;\u00e9poque de Jeanne Corbin 1906-1944<\/em><\/a> d&rsquo;Andr\u00e9e L\u00e9vesque (Les \u00e9ditions du remue-m\u00e9nage, 1999).<\/p>\n<p><b>Chantal Archambault<\/b><br \/>\n<em>Auteure-compositrice-interpr\u00e8te originaire de Val d&rsquo;Or<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/chantal_archambault_credit_.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1977\" src=\"http:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/chantal_archambault_credit_.jpg\" alt=\"chantal_archambault_cr\u00e9dit_\" width=\"3000\" height=\"1993\" \/><\/a><\/p>\n<p>Chantal, c&rsquo;est comme du feu. Du feu qui r\u00e9chauffe, mais qui br\u00fble pas, par exemple. De sa voix scintillante, comme de la poudreuse sous les lampadaires, elle d\u00e9pose d\u00e9licatement ses chansons western-romantico-sexy dans le creux de ton oreille. Oui, Chantal me fait de l&rsquo;effet. Si tu ne la connais pas encore, je vais laisser <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=MdR9nl069pI\">tra\u00eener ici<\/a> une des mes chansons pref\u00e9r\u00e9es. Et je vais aussi t&rsquo;informer qu&rsquo;en ce moment, elle travaille sur un nouveau projet, avec Michel-Olivier Gasse, dont on ne sait pour le moment pas grand-chose. On nous promet des nouvelles pour f\u00e9vrier. \u00c7a s&rsquo;appelle <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/pages\/Saratoga-musique\/283281491795710\">Saratoga<\/a>, pis j&rsquo;ai h\u00e2te en ta d&rsquo;entendre \u00e7a. En attendant, tu peux toujours regarder le dernier clip de <a href=\"http:\/\/vimeo.com\/117807767\">Mara Tremblay<\/a> pour les voir tous deux patiner.<\/p>\n<p><strong>Marcelle Sweet<\/strong><br \/>\n<em>Enseignante \u00a0\u00e0 la retraite, r\u00e9cipiendaire du Prix du Gouverneur g\u00e9n\u00e9ral pour l&rsquo;entraide en 2012<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Marcelle-Sweet.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1886\" src=\"http:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Marcelle-Sweet.jpg\" alt=\"Marcelle-Sweet\" width=\"827\" height=\"827\" srcset=\"https:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Marcelle-Sweet.jpg 827w, https:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Marcelle-Sweet-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Marcelle-Sweet-300x300.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 827px) 100vw, 827px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Madame Sweet, en plus d&rsquo;avoir le plus beau nom de famille\u00a0du monde, est une femme qui a beaucoup fait pour l&rsquo;\u00e9ducation et la vie culturelle de Val d&rsquo;Or. Madame Sweet a \u00e9t\u00e9 enseignante, puis directrice de diff\u00e9rentes \u00e9coles, dont\u00a0Marie-Immacul\u00e9e et Saint-Joseph. Elle a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re femme de l&rsquo;Abitibi-T\u00e9miscamingue \u00e0 \u00eatre \u00e9lue au poste de commissaire d&rsquo;\u00e9cole. Elle a aussi \u00e9t\u00e9\u00a0membre du Conseil sup\u00e9rieur de l&rsquo;\u00c9ducation. Madame Sweet est \u00e9galement membre des Amis du Conservatoire et pr\u00e9sidente de la Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;art lyrique de l&rsquo;Abitibi-T\u00e9miscamingue. Elle a \u00e9galement enseign\u00e9 l&rsquo;anglais langue seconde \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 du Libre Savoir et anim\u00e9 des \u00e9missions pour les a\u00een\u00e9s \u00e0 TVC-9 de Cablevision&#8230; Impressionnant parcours que celui de Madame Sweet.<\/p>\n<p><strong>Claudine Gagn\u00e9<\/strong><br \/>\n<em>Agente aux communications et \u00e0 la promotion pour le FME<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/10472780_10153147801780995_2125076674774690025_n.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1979\" src=\"http:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/10472780_10153147801780995_2125076674774690025_n.jpg\" alt=\"10472780_10153147801780995_2125076674774690025_n\" width=\"960\" height=\"507\" srcset=\"https:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/10472780_10153147801780995_2125076674774690025_n.jpg 960w, https:\/\/www.fmeat.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/10472780_10153147801780995_2125076674774690025_n-300x158.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Je tenais \u00e0 vous parler de Claudine Gagn\u00e9, ma coll\u00e8gue, mon h\u00f4tesse pour le weekend, mais aussi mon amie, pour plein de raisons. D&rsquo;abord, parce que c&rsquo;est une fille vraiment cool : elle a le plus beau manteau d&rsquo;eskimo de la r\u00e9gion, les plus beaux cheveux blancs de jeune femme qui assume sa condition capillaire naturelle de la province, la plus belle garde-robe du pays et l&rsquo;esprit le plus vite sur le calembour de la plan\u00e8te. Mais, au-del\u00e0 de ses nombreuses qualit\u00e9s d&rsquo;humaine, c&rsquo;est aussi une Abitibienne qui est revenue \u00e0 sa terre natale apr\u00e8s <a title=\"J\u2019ai repris avec la r\u00e9gion\" href=\"http:\/\/www.fmeat.org\/blog\/2015\/01\/18\/jai-repris-avec-la-region\/\">un d\u00e9tour \u00e0 Saint-J\u00e9r\u00f4me et Montr\u00e9al<\/a>. Et c&rsquo;est\u00a0\u00e7a qui la rend sp\u00e9ciale.\u00a0Claudine fait partie de ces jeunes, femmes et hommes, qui\u00a0mettent beaucoup de jus de bras \u00e0 faire briller leur r\u00e9gion parce qu&rsquo;ils en sont fiers.\u00a0En cette p\u00e9riode aust\u00e8re o\u00f9 on <a href=\"http:\/\/www.touchepasamesregions.ca\/Abitibi-Temiscamingue\">menace de couper dans les instances<\/a> qui rendent possible le d\u00e9veloppement local et r\u00e9gional (CR\u00c9, CLD, CJE, etc.) et la tenu d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements comme le FME, je pense qu&rsquo;il faut plus que jamais soutenir et applaudir les travailleurs de la r\u00e9gion.\u00a0Et \u00e0 part de \u00e7a, prendre la d\u00e9cision de se <em>chooper<\/em> \u00e0 8 heures de la grand-ville alors qu&rsquo;on aimait bien y vivre, \u00e7a prend du courage et de la passion. Faut plus de Claudine Gagn\u00e9 dans vie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Abitibi fut jadis une terre hostile o\u00f9 seuls de jeunes hommes en qu\u00eate d&rsquo;\u00e9motions fortes s&rsquo;aventuraient. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1920, il fallait \u00eatre un peu fou et particuli\u00e8rement\u00a0sensible\u00a0\u00e0 l&rsquo;app\u00e2t du gain pour faire le grand voyage vers ces terres que l&rsquo;on qualifiait de \u00ab\u00a0Klondike\u00a0\u00bb qu\u00e9b\u00e9cois. 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